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Parashat Miqets, La puissance du rêve

« Action sur l’économie d’abord. Le 20 juillet au plus tard, je vous soumettrai un programme cohérent de redressement et d’expansion destiné à assurer progressivement le relèvement des conditions de vie et l’indépendance économique du pays, le développement de notre agriculture par une politique coordonnée de la production et des débouchés, un effort accru et dynamique dans l’ordre du logement et des habitations à loyer modéré. Ce plan élargira et amplifiera tout à la fois les objectifs du plan de 18 mois amorcé par le précédent gouvernement et les moyens destinés à assurer son succès. Les propositions détaillées qui vous seront alors soumises constitueront la base d’un nouveau contrat en vertu duquel mon gouvernement disposera des pouvoirs nécessaires pour réaliser ses objectifs économiques dans le minimum de temps… Notre but est de refaire de la France une nation forte et prospère dont le progrès soit une promesse de justice et de bonheur à sa jeunesse impatiente. » (Discours d’investiture de Pierre Mendes France. 17 juin 1954).

לג וְעַתָּה יֵרֶא פַרְעֹה אִישׁ נָבוֹן וְחָכָם וִישִׁיתֵהוּ עַל-אֶרֶץ מִצְרָיִם. (בראשית מא: לג).ש

33 Et maintenant, que Pharaon choisisse un homme de discernement et sage et qu’il le prépose au pays d’Égypte. (Genèse 41 : 33).

Joseph[1], alors âgé de trente ans (Genèse 41 : 46), comprend rapidement qu’une opportunité sans pareille s’ouvre à lui, celle de devenir le premier conseiller de Pharaon aux affaires économiques du puissant empire d’Egypte.

Comment Joseph en arrive-t-il à trouver le moyen de proposer de manière implicite ses services à Pharaon ? Joseph serait-il possédé par une quelconque ambition politique ?

L’initiative d’influencer Pharaon s’impose à Joseph dès lors qu’il perçoit combien les évènements indépendants de sa volonté, conduits par la Providence divine, convergent tous vers la réalisation de ses rêves, dont la signification est la même : ses frères reconnaîtront sa particularité en tant que fils préféré de Jacob leur père commun, autour duquel ils retrouveront leur unité :   

ז וְהִנֵּה אֲנַחְנוּ מְאַלְּמִים אֲלֻמִּים בְּתוֹךְ הַשָּׂדֶה וְהִנֵּה קָמָה אֲלֻמָּתִי וְגַם-נִצָּבָה וְהִנֵּה תְסֻבֶּינָה אֲלֻמֹּתֵיכֶם וַתִּשְׁתַּחֲוֶיןָ לַאֲלֻמָּתִי. (בראשית לז: ז).ש

7 Et voici que nous composions des gerbes dans le champ, soudain ma gerbe se dressa ; elle resta debout et les vôtres se rangèrent à l’entour et s’inclinèrent devant la mienne. » (Genèse 37 : 7).

 

L’on peut se demander quelle peut être l’utilité de ces rêves qui n’en forment en réalité qu’un seul, mais, comme le dira plus tard Joseph, ce double rêve prouve que son message se réalisera sûrement. Or, dès que ce double rêve est connu, il engendre une série de catastrophes pour Joseph qui vont le précipiter par deux fois au fond d’un trou, d’abord quand ses frères l’y jettent, puis quand il se trouve dans la prison égyptienne. Pourtant, s’il lui causa tant de souffrances de la part de ses frères, ce double rêve se réalisera plus de vingt ans plus tard, au moment où Joseph se redressera et deviendra l’homme le plus puissant en Egypte après Pharaon et le maître incontesté de l’économie égyptienne.

מו וְיוֹסֵף בֶּן-שְׁלֹשִׁים שָׁנָה בְּעָמְדוֹ לִפְנֵי פַּרְעֹה מֶלֶךְ-מִצְרָיִם וַיֵּצֵא יוֹסֵף מִלִּפְנֵי פַרְעֹה וַיַּעֲבֹר בְּכָל-אֶרֶץ מִצְרָיִם. (בראשית מא: מו).ש

46 Or, Joseph avait trente ans lorsqu’il se tint debout à la face de Pharaon, roi d’Egypte. Joseph, étant sorti de devant Pharaon, parcourut tout le pays d’Egypte. (Genèse 41 : 46).

 

מג וַיַּרְכֵּב אֹתוֹ בְּמִרְכֶּבֶת הַמִּשְׁנֶה אֲשֶׁר-לוֹ וַיִּקְרְאוּ לְפָנָיו אַבְרֵךְ וְנָתוֹן אֹתוֹ עַל כָּל-אֶרֶץ מִצְרָיִם. (בראשית מא: מג).ש

43 Il le fit monter sur son second char. On cria devant lui : Avrêkh et il fut installé chef de tout le pays d’Égypte. (Genèse 41 : 43).

C’est alors que peut se réaliser le symbole de la gerbe dressée, qui est la rencontre historique de Joseph avec ses frères et leur réunification autour de leur père commun, Jacob. La réalité ne rejoint-elle donc point le rêve ?

ו וְיוֹסֵף הוּא הַשַּׁלִּיט עַל-הָאָרֶץ הוּא הַמַּשְׁבִּיר לְכָל-עַם הָאָרֶץ וַיָּבֹאוּ אֲחֵי יוֹסֵף וַיִּשְׁתַּחֲווּ-לוֹ אַפַּיִם אָרְצָה. (בראשית מב: ו).ש

6 Or, Joseph était le gouverneur du pays ; c’était lui qui faisait distribuer le blé à tout le peuple du pays. Les frères de Joseph à leur arrivée, se prosternèrent devant lui la face contre terre. (Genèse 42 : 6).

Joseph, comme son père Jacob, réussit à interpréter ses propres rêves, mais aussi, les rêves d’autrui :  

כה וַיֹּאמֶר יוֹסֵף אֶל-פַּרְעֹה חֲלוֹם פַּרְעֹה אֶחָד הוּא אֵת אֲשֶׁר הָאֱלֹהִים עֹשֶׂה הִגִּיד לְפַרְעֹה. (בראשית מא: כה).ש

25 Et Joseph dit à Pharaon : « Le songe de Pharaon est un : ce que le Seigneur accomplit, il l’a annoncé à Pharaon. (Genèse 41 : 25).

Joseph serait-il mû par une quelconque ambition cachée de prendre le pouvoir, comme le prétendent ses frères ? (Genèse 37 : 8). L’être humain peut être habité par deux types de rêves : le rêve de puissance ou la puissance du rêve. Pharaon, Nabuchodonosor et Assuérus rêvent d’être les maîtres tout-puissants d’un empire. Joseph, jeune esclave hébreu (Gen. 41: 12) accède, quant à lui, à la plus haute fonction par la puissance du rêve, expression de sa vocation de réconciliation. Contrairement aux tyrans et aux despotes qui portent leur rêve d’hégémonie, Joseph est porté par ses rêves.

טז וַיַּעַן יוֹסֵף אֶת-פַּרְעֹה לֵאמֹר בִּלְעָדָי אֱלֹהִים יַעֲנֶה אֶת-שְׁלוֹם פַּרְעֹה. (בראשית מא: טז).ש

16 Et Joseph répondit à Pharaon en disant : « Ce n’est pas moi, c’est le Seigneur, qui saura tranquilliser Pharaon. » (Genèse 41 : 16).

 

לח וַיֹּאמֶר פַּרְעֹה אֶל-עֲבָדָיו  הֲנִמְצָא כָזֶה אִישׁ אֲשֶׁר רוּחַ אֱלֹהִים בּוֹ. לט וַיֹּאמֶר פַּרְעֹה אֶל-יוֹסֵף אַחֲרֵי הוֹדִיעַ אֱלֹהִים אוֹתְךָ אֶת-כָּל-זֹאת אֵין-נָבוֹן וְחָכָם כָּמוֹךָ. (בראשית מא: לח-לט).ש

38 Et Pharaon dit à ses serviteurs : « Pourrions-nous trouver un homme tel que celui-ci, plein de l’esprit du Seigneur? » 39 Et Pharaon dit à Joseph : « Puisque le Seigneur t’a révélé tout cela, nul n’est sage et entendu comme toi. (Genèse 41 : 38-39).

Joseph se révèle être un économiste visionnaire (force de discernement) qui, par la force du pouvoir politique (force de la sagesse) révolutionne l’ensemble du système économique égyptien. Au-delà de la simple interprétation des rêves de Pharaon, Joseph ose conseiller à Pharaon de réguler savamment les récoltes de blé dans un pays où l’hégémonie économique écrase le peuple.

מ אַתָּה תִּהְיֶה עַל-בֵּיתִי וְעַל-פִּיךָ יִשַּׁק כָּל-עַמִּי רַק הַכִּסֵּא אֶגְדַּל מִמֶּךָּ. מא וַיֹּאמֶר פַּרְעֹה אֶל-יוֹסֵף רְאֵה נָתַתִּי אֹתְךָ עַל כָּל-אֶרֶץ מִצְרָיִם. (בראשית מא: מ-מא).ש

40 C’est toi qui seras le chef de ma maison ; tout mon peuple sera gouverné par ta parole et je n’aurai sur toi que la prééminence du trône. » 41 Pharaon dit à Joseph : « Vois ! je te mets à la tête de tout le pays d’Égypte. » (Genèse 41 : 40-41).

Joseph met en place un plan septennal capable de surmonter la grande crise économique qui s’annonce dramatique pour l’ensemble de la région, et ce, pour sauver la région d’une sécheresse sévère, engendrant la famine mortelle. Toutefois, l’économiste Friedrich Hayek dénonce dans l’une de ses œuvres majeures « La Route de la Servitude », s’opposant en cela à John Maynard Keynes auteur de « La fin du laissez-faire », la menace de toute forme d’interventionnisme de l’état susceptible de conduire à la servitude des peuples.

Rabbi Lord Jonathan Sacks enseigne :

« Joseph diagnostique d’abord le problème. Il y aura une famine qui durera sept ans. C’est ce qu’il fait ensuite qui change le monde. Il ne voit pas cela comme un destin à endurer mais comme un problème à résoudre. Puis, sans éclat, il le résout, sauvant toute une région de la mort par famine.

« Ce qui peut être changé n’a pas besoin d’être enduré. La souffrance humaine n’est pas un destin à supporter, mais un défi à surmonter. C’est l’idée de Joseph qui change la vie. Ce qui peut être guéri n’est pas saint. Dieu ne veut pas que nous acceptions la pauvreté et la douleur mais que nous les guérissions ». (Jews and Economics, Mikketz, 5778).

טז  פּוֹתֵחַ אֶת-יָדֶךָ וּמַשְׂבִּיעַ לְכָל-חַי רָצוֹן. (תהלים קמה: טז).ש

16 Tu ouvres la main et rassasies avec bienveillance tout être vivant. (Psaumes 145 : 16).

[1] Parashat Miqets : Genèse 41 : 1-44 : 17.

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Avec toutes mes amitiés,

Shabbat shalom!

Haïm Ouizemann

 

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